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jeudi 18 août 2016

Ciné Nova 17 septembre 17 h : soirée de soutien contre le projet de méga prison de Haren (films, débats, concert..)

Plan B : Harenarticle

Refusons la prison ! Soutenons la lutte !

Peut-être vous souvenez-vous - ce n’est pas si lointain, août 2014 - le Nova, dans le cadre de son festival PleinOPENair, plantait son écran à Haren, à proximité d’un terrain de 18 ha destiné à accueillir le plus grand complexe pénitentiaire du pays. Au lendemain de notre passage, les tentes de militants d’ici et d’ailleurs commencèrent à se multiplier sur ce terrain sous pression carcérale. C’est ainsi que naquit la première ZAD (zone à défendre) de Belgique. Quelques mois plus tard, associations environnementales et des droits de l’homme, criminologues, magistrats et fervents défenseurs des terres agricoles se regroupaient pour former la plate-forme contre le désastre carcéral, et la terre disputée se couvrait de champ de patates. Dans le même temps, le projet de prison connaissait quelques avancées - dont la délivrance du permis d’environnement. En septembre 2015, les forces de l’ordre expulsaient les occupants de la ZAD, portant un coup certain à la vitalité de la lutte. Mais celle-ci reprit de plus belle en démultipliant les actions, balades, rencontres festives et autres moments de débats sur la question carcérale et les alternatives. En décembre 2015, le Collège de l’environnement refuse le permis délivré quelques mois plus tôt. Cette soirée est un coup de pouce à cette lutte de longue haleine. Tous les bénéfices iront directement au soutien des frais engendrés par celle-ci. Retour ligne
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N’hésitez donc pas aussi à user et abuser de notre bar, le temps de cette soirée organisée en collaboration avec Bruxelles Laïque !

10€ / 7,5€ (soirée)


17h. L'intérêt général et moi 

Sophie Metrich & Julien Milanesi, 2015, FR, 82’, VO.
Il en est du projet de méga-prison comme il en est d’autres grands projets portés à bout de bras par les pouvoirs publics. Pour tous ceux-ci, la société civile a du mal à discerner l’intérêt général rencontré par ces infrastructures hors norme, au coût démesuré. On pense bien sûr à des projets très connus, tels l’aéroport de Notre Dame des Landes ou le barrage du Sivens, mais d’autres sont moins connus, tels le projet d’autoroute A65 Langon-Pau ou le projet ferroviaire LGV du Sud Ouest, qui questionnent l’usage d’utilité publique et démocratique des territoires. Qu’est-ce que l’intérêt général ? Qui le définit ? Sur quels fondements ? Habiter un territoire donne-t-il des droits sur son devenir ? A travers trois projets concrets, le documentaire creuse la (non)légitimité de leur conception et donne corps aux témoignages de ceux touchés dans leur quotidien par ces méga-structures.
La projection sera suivie d’une discussion avec le comité de Haren, des (anciens) occupants de la ZAD et des membres de la plate-forme contre le désastre carcéral.



20h. Le Déménagement 
Catherine Richard, 2011, FR, 54’, VO.

Le déplacement des prisons, depuis le cœur de la ville vers la périphérie, relève d’un vaste mouvement qui n’est pas sans poser question sur le quotidien des détenus. Dans ce documentaire, ces derniers évoquent face caméra leurs conditions de vie, leurs attentes et leurs angoisses, avant et après le déménagement de la prison de Rennes (400 places), vers un nouveau Centre Pénitentiaire de 690 places construit en périphérie. A Rennes, l’établissement est surpeuplé et vétuste mais implanté au cœur de la ville, les détenus voient depuis leurs fenêtres "des habitations, les gens qui partent au travail" … A Vezin, situé en périphérie, les détenus ont la possibilité d’être seuls, bénéficient de douches en cellule, ont accès à des unités de vie familiale. Mais de leurs fenêtres, ils aperçoivent désormais "du béton, des grillages". Et se plaignent d’une atomisation des relations sociales…
La projection sera suivie d’une discussion avec Catherine Rechard (la réalisatrice du fil), Luk Vervaet (ancien enseignant à la prison de Saint-Gilles) et David Scheer (chercheur à l’ULB auteur de la thèse sur l’impact de l’architecture carcéral).



22h. Concert : Glü

Pour prolonger la soirée en musique nous avons fait appel à nos amis du groupe bruxellois Glü. Ils nous avaient déjà rendu visite en 2014 lors du PleinOPENair à Haren, pour partager avec nous leurs pulsations transes et drum’n’bass contre le projet de prison. Glü offre toujours une ouverture, un arc-en-ciel dans la noirceur de son ciel musical. Laissons-nous emporter par le gig pour percer la noirceur du monde carcéral !

samedi 4 juin 2016

Des amis de Tanguy Fourez : Eloge d'un brave homme. Tous au procès du 14 juin !

SOURCE

Nous sommes des amis de Tanguy Fourez. Nous ne le connaissons pas personnellement. Mais nous faisons partie des victimes potentielles du commissaire Vandersmissen. Quiconque a eu l'occasion de se manifester dans les rues de Bruxelles en faveur des sans-papiers, des chômeurs, des occupants de maisons vides, ou pour d'autres raisons valables connaît bien ce personnage. Pour rester polis, nous nous contenterons de dire que le commissaire Vandersmissen est un triste sire.
Tanguy Fourez est cet homme qui, le 24 mai dernier, en fin de la manifestation contre la loi Peeters, a séché le commissaire Vandersmissen d'un solide coup bien ajusté. Celui-ci, blessé à la tête en tombant, a du faire un petit séjour à l'hôpital où tant de ses victimes l'avaient précédé. Nous avons tous vu la scène, filmée et diffusée sur les réseaux "sociaux": le commissaire poursuit et gaze des manifestants en train de se disperser et, emporté par sa fureur, s'avance imprudement, gazeuse à la main ; un inconnu surgit alors que le commissaire gaze un enième manifestant, et le met au tapis d'un coup de poing. Ce poing fermé, dressé tant de fois bien haut dans les manifestations comme un symbole de lutte, s'est soudain concrétisé sur la mâchoire du commissaire !
Les images sont claires, Tanguy Fourez n'avait aucune autre arme que son poing. Il n'était manifestement pas préparé à un affrontement, n'ayant même pas pris soin de masquer son visage -erreur fatale, mais hélas fréquente... Sa photo a été publiée dans les journaux, et il s'est presenté de lui-même aux autorités. Laissé en liberté provisoire, il sera cité à comparaitre pour "des faits de rébellion armée, port d’arme prohibée par destination et de coups et blessures volontaires avec incapacité de travail sur une personne dépositaire de la force publique", et risque une peine de 5 ans d'emprisonnement -sans préjuger d'autres soucis éventuels au niveau de son boulot etc.
Nous ne cherchons pas à excuser son geste, car il n'appelle pas des excuses mais des éloges. En se portant spontanément au secours d'un autre manifestant agressé par le commissaire Vandersmissen, Tanguy Fourez a réagi comme un être humain digne de ce nom.

FGTB et PTB

Cela échappe manifestement à la direction de son syndicat qui s'est dépêchée de l'exclure et surtout de le faire savoir : "La FGTB souligne qu’un tel comportement violent est incompatible avec ses statuts fédéraux". La FGTB parle de "comportement violent" uniquement à propos du coup de poing de Tanguy Fourez, et se garde bien de mettre en cause le comportement du commissaire Vandersmissen, et de façon plus générale l'énorme pression policière exercée sur les manifs à Bruxelles. Par ailleurs, nous n'avons pas souvenir que la FGTB ait jamais émis la moindre protestation contre les agissements du commissaire Vandersmissen, qui ne datent pourtant pas d'hier.
Il semblerait que Tanguy Fourez ait été aussi un sympathisant du PTB. Le porte-parole de ce parti a fait aussitôt savoir que "Le PTB condamne catégoriquement l'acte de violence commis à l'encontre du commissaire Vandersmissen. L'agression du commissaire Vandersmissen est moralement et politiquement inadmissible. De tels actes n'ont pas leur place dans notre société et ne peuvent être tolérés". Là encore, pas un mot sur les agissements du commissaire Vandersmissen, sur les brutalités policières systématiques lors des manifestations de rue à Bruxelles. Cela n'est pas une surprise, à vrai dire. Pour les bureaucrates dirigeant la FGTB comme pour les cadres néo-staliniens du PTB, la reproduction de leur appareil l'emporte sur toute autre considération : comme toute forme institutionnalisée, elles se veulent respectables car respectueuses de la légalité. A partir de là, les solidarités horizontales n'ont plus lieu d'être et tout geste qui s'inscrit dans ce plan fait tache. De tels gestes, qui jadis faisaient partie intégrante de la culture ouvrière, sont alors condamnés par l'appareil. Ce que nous dit cet acte de veulerie politique consistant à lâcher Tanguy Fourez en pâture aux médias et à la justice, c'est que bureaucrates et politicards n'ont à l'évidence aucun sens éthique. Qu'ils se réclament de l'héritage du mouvement ouvrier ne fait que rendre cela encore plus odieux. Croit-on un instant que les ouvriers insurgés de l'hiver 1960 auraient laissé un des leurs se faire gazer sans réagir ?! Ces professionnels du discours qui n'ont à la bouche que les mots de "camarades", de "solidarité" etc., que savent-ils de la camaraderie effective entre prolétaires ? de ce sentiment de solidarité inné qui fait qu'un père de famille de 43 ans va frapper un commissaire en train de gazer un autre manifestant ? Tanguy Fourez, révolté par ce qu'il voyait, s'est porté au secours d'un camarade agressé. Il est de ces gens qui n'hésiteraient pas à se jeter à l'eau pour sauver un enfant en train de se noyer -tandis que les cadres du PTB, sur la berge, hausseraient sans doute les épaules devant une telle manifestation d'aventurisme spontanéiste...

Le mépris de classe

Tanguy Fourez, accablé par la dénonciation médiatico-policière, a tenté de justifier son geste par le fait qu'il avait bu. Une photo diffusée dans les médias le montre une canette de bière à la main. Nous imaginons les réflexions, dans les cercles du pouvoir comme dans l'inintelligentsia officielle, sur ces brutes d'ouvriers alcooliques... si en plus de ça Tanguy Fourez regardait les matchs de foot, son compte est bon, tant le mépris de classe aime se parer d'un alibi culturel... A une époque où règnent la crainte et même la peur, largement instillées par des techniques policières et médiatiques d'une extrême violence, le geste de Tanguy Fourez force le respect. Peut-être qu'une ou deux bières l'ont aidé à surmonter ses inhibitions ? et alors ? ! Il aurait pu poursuivre son chemin et, trop heureux de s'en sortir indemne, laisser son prochain se faire gazer par Vandersmissen. Mais il est intervenu et ce geste lui fait honneur. Alors que tous les appareils politiques et syndicaux n'ont de cesse de justifier les pires renoncements et les pires trahisons, ravalant la dialectique au rang d'une simple casuistique, le geste simple, clair et précis de Tanguy Fourez relève de ce que nos camarades zapatistes du Sud-Est mexicain appellent "la digne rage".

Une députée du PTB déclarait récemment au journal d'affaires L'Écho "on est capable de faire des compromis". Mais l'attitude du PTB par rapport à Tanguy Fourez ne relève même plus du compromis, elle relève de la collaboration. Ces gens pour qui le fin mot de l'Histoire consiste à occuper des places dans la sphère du pouvoir n'hésiteront pas, une fois parvenus, à envoyer à leur tour la soldatesque contre leurs propres électeurs si ceux-ci viennent à contester -le XXº siècle a été rempli d'épisodes de ce genre. Leur réthorique peut faire illusion, mais leurs silences les dénoncent.

Le commissaire

Aussi quelques extraits de ce témoignage, portée par une Bruxelloise sur le commissaire Vandersmissen, aideront à préciser les choses : "Je m'appelle Lili ; en 15 ans voilà ce que cet homme m'a fait. Il m'a traité de sale pute. Il m'a traité de merde gauchiste. Il m'a envoyé en garde à vue parce que je défendais des familles sans papiers. Il m'a envoyé en garde à vue parce que je défendais la liberté de circulation. Il m'a traité de pute à nègre. Il m'a menacé de garde à vue parce que je défendais des exilés politiques. Quand j'étais au sol et que sa police me frappait il a posé sa botte sur mon épaule, en "me demandant" de fermer ma gueule. Il m'a envoyé en garde a vue parce que j'étais qu'une sale "gouine de merde". Il m'a traité de sale gauchiste de merde. Il m'a menacé de viol alors que j'étais en garde en vue dans une cellule, cernée par les policiers qu'il dirigeait. Il a proposé a ses policiers de me violer pour me calmer, il trouvait ça drôle. Il a organisé de véritables rafles a chaque fin de manif réclamant des papiers pour tous. Ce que je viens de décrire a été vécu et relaté également par la plupart de mes ami-e s ou potes ou connaissances qui sont loin d'être tous et toutes de dangereux gauchistes, mais un jour on eut le malheur de se retrouver face à lui. (...) Cet homme a insulté de sale nègre, sale bougnoule, a peu près tous les arabes et tous les africains noirs que je connais. A frappé et a demandé à sa police de frapper volontairement tous les gens qui se battent contre les injustices, qu'ils viennent d'extrème gauche, du No Border, d'Amnesty.... Qu'ils soient contre les guerres où qu'elles soient, qu'ils soient, pacifistes ou pas. Cet homme a suscité et généré une violence gratuite inouïe dans notre ville. A suscité la terreur : finir dans une garde à vue gérée par cet homme était synonyme de violence, de peur, de menaces. (...)Pour toutes ces raisons je ne pleurerai pas sur le sort du commissaire Vandersmissen."
Pour toutes ces raisons, Tanguy Fourez ne doit pas rester isolé face à la justice. Nous devons réhabiliter cet homme sur qui tous les médias et tous les partis se sont empressés de cracher. Nous devons affirmer notre solidarité avec lui.
Son procès est fixé au 14 juin.

Des amis de Tanguy Fourez

mardi 24 mai 2016

Point de presse sur le livre « &Patati&Patata : Trois ans de luttes à Haren » d’Ernesto Moreno mercredi 1 juin 9 heures Casino Bxl





La Commission de Concertation sur la méga-prison de Haren tiendra sa réunion le mercredi 1 juin à 9.30h au Grand Casino, Boulevard Anspach 30 à Bruxelles. A cette occasion, la Maison d’édition Antidote et Inter- Environnement Bruxelles (IEB) ont le plaisir et l’honneur de vous inviter à la présentation du livre du dessinateur Ernesto Moreno : « &Patati&Patata : Trois ans de luttes à Haren ».

Le point de presse se tiendra à l’entrée du Grand Casino à 9 heures, avant le début de concertation.

Intervenants
 Ernesto Moreno, auteur
 Isabelle Hochart et Claire Scohier, IEB
 Luk Vervaet, Antidote


Les intervenant(e)s seront à votre disposition pour des interviews individuelles. Un exemplaire du livre vous sera offert. Nous vous remercions d'avance pour votre présence. 

lundi 16 mai 2016

Vendredi 27 mai : Masse Critique contre la méga-prison de Haren

VENDREDI 27 MAI
MASSE-CRITIQUE CONTRE LA MAXI-PRISON

départ à 18h
Porte de Namur
(Bruxelles)

Enfourchez votre bicyclette pour une balade manifestive et informative contre le projet vivement contesté de maxi-prison à Haren. Le parcours depuis le centre de Bruxelles jusqu’à Haren sera ponctué de quelques étapes qui nous offriront l’occasion de s’informer sur différents aspects de ce projet pharaonique, de la lutte menée contre celui-ci et du système carcéral en général. La Masse-Critique se terminera en fanfare (on l’espère) et en pic-nic (auberge espagnole) à Haren.


2 ateliers sont prévus pour préparer la masse critique contre la maxi-prison

Samedi 21 mai à partir de 13h
Atelier déco vélo Pimp your bike

Mercredi 25 mai à partir de 15h
Atelier calicot, banderole et sérigraphie


LA MAXI-PRISON EN QUELQUES CHIFFRES
- Une capacité de 1200 détenu.e.s
- 19 hectares de terres agricoles et de nature bétonnés
- Un partenariat public-privé de 25 ans qui coûtera plus de 3 milliards d’euros
- Un lieu situé loin du coeur de Bruxelles, difficilement accessible pour les familles des détenu.e.s

Tract à télécharger (pdf - 2 Mo - 4 A6 n&b)
Affiche à télécharger (pdf - 2 Mo - A4 n&b)


mardi 26 avril 2016

Samedi 30 avril : Les Prisons en Question (organisé par CollectActif)

SAMEDI 30 AVRIL
LES PRISONS EN QUESTION
Soirée de soutien aux 4 condamné.e.s de la ZAD de Haren*
* Infos en bas du mail

PROGRAMME :

17h  : FILM
QUI A TUÉ ALI ZIRI ? (doc de Luc Decaster - 2015 - 91min.)
Ali Ziri, un homme de 69 ans, décède le 11 juin 2009 après son interpellation par la police nationale à la suite d’un contrôle routier à Argenteuil. « Arrêt cardiaque d’un homme au coeur fragile », déclare le Procureur de Pontoise. Appuyant la famille qui vit en Algérie, un collectif d’Argenteuillais demande une contre-expertise. Deux mois plus tard l’institut médico-légal révèle 27 hématomes sur le corps d’Ali Ziri.
Pendant cinq années, le cinéaste a suivi les pas de ceux qui demandent « Justice et vérité » après cette mort, ignorée des médias, mais que certains considèrent comme un lynchage digne des pires périodes de l’histoire. Au-delà d’une affaire de justice, Luc Decaster s’est attaché à représenter ce qu’une telle affaire suscite à l’intérieur d’une ville de banlieue ordinaire.

18h30  : DÉBAT
Le racisme institutionnalisé du système judiciaire et carcéral
Comment et pourquoi le système coercitif criminalise les immigré.e.s et les personnes issues de l'immigration ? Depuis les politiques anti-migratoires (contrôle des frontières et des migrant.e.s, centres fermés, expulsions,...) jusqu'au racisme de l'appareil policier (contrôles au faciès, violences policières impunies, ...) en passant par la réalité carcérale en la matière (sur-pénalisation et sur-incarcération des personnes issues de l'immigration). Ou encore la justice d'exception visant les binationaux

20h  : REPAS
Couscous végétarien
à prix libre

20h  : CONCERT
SOLE DORÉ
(Nass El Ghiwane - musique et textes engagés du Maroc)


à AlléeduKaai
(Avenue du port 53 - 1000 bxl)
Entrée : prix libre

Organisé par CollectActif


4 militant.e.s condamné.e.s dans la lutte contre la maxi-prison

Le 20 mai 2015 se déroulait l'audience publique de la commission de concertation concernant le projet vivement contesté de maxi-prison à Haren. L'avis de la commission n'étant même pas contraignant, cette farce de consultation populaire ne trompe pas grand monde. Le même jour, une quinzaine de personnes décident donc d'exprimer leur opposition au projet en dehors des chemins balisés par le pouvoir et manifestent à l'intérieur de la Régie des bâtiments. La maquette de la maxi-prison exposée dans le hall d'entrée est détruite durant l'action. Suite à cette manifestation, la justice poursuit 4 militant.e.s pour destruction de bien immobilier en bande

Le 19 février 2016, sur base de leur simple présence lors de la manifestation, le tribunal correctionnel a reconnu les 4 personnes coupables et les a condamnées à 10 mois de prison avec sursis et 600 euros d'amendes. Ce jugement en correctionnel permet à la Régie des bâtiments de réclamer 40.000 euros de dommages et intérêts pour la destruction de la maquette. Une procédure en appel a été lancée contre cette condamnation. 

Loin de freiner la lutte contre la maxi-prison, ce procès est une occasion supplémentaire de jeter quelques pavés dans le marécage carcéral et de glisser quelques sabots dans la machine répressive.

Prisons partout, Justice nulle part !


Plus d'info : 
La justice prise en flagrant délire 
Haren : 10 mois de prison pour une maquette !!?? Quelques réflexions sur la violence de l’Etat   
Appel à solidarité des 4 inculpé.e.s

jeudi 10 mars 2016

Dimanche 20 mars 2016 15h : Journée de solidarité avec la famille Chaaban. Never Forget ! (extrait du livre Guantanamo chez nous ?)


https://www.facebook.com/events/1714340122169742/

Il y a dix ans.. ( 2006 - 2007,  extrait du livre Guantanamo chez nous ?  Luk Vervaet, Editions Antidote, www.antidote.be )


"... Le même genre de « violence particulière », cette fois contre « un détenu dangereux », a été exposé lors du procès de Farid Bouhammad contre la prison de Ittre. 
Les faits datent de décembre 2007 et on été jugés en janvier 2014 (116) . 
Le 6 décembre 2007, Farid Bamouhammad est transféré de la prison d’Andenne à la prison d’Ittre par une brigade spécialisée de la police fédérale, GOTTS, qui s’occupe du transfert « de détenus extrêmement dangereux ». A son arrivée à la prison, la brigade signale que le détenu est calme et coopérant.
En principe la brigade GOTTS conduit le détenu jusque dans sa cellule. Mais ici, c’est un comité d’accueil de gardiens qui reprend le détenu, pour faire clairement comprendre à ce détenu dangereux qui fait la loi dans la prison. Leur premier mot d’accueil est qu’il ne recevra pas son tabac tout de suite, mais plus tard. Quelques secondes plus tard, Farid est plaqué et maintenu au sol. Il est amené jusqu’à sa cellule par quatre gardiens, deux lui tenant les jambes et deux autres les bras. Raison ? « Un comportement menaçant du détenu », « il s’est approché d’un agent qui s’est senti menacé », « un comportement qui laissait croire qu’il allait passer à l’acte », « dans le regard de Farid, il y avait un risque de passage à l’acte ». Et puis, il y a « les antécédents spécifiques qui lui sont propres ». La suite est hallucinante. Le personnel se sentant menacé, le directeur prend à l’encontre de Farid « une mesure de sécurité particulière (selon la loi de 2007 sur les recours à des mesures de coercition directe) prévoyant le placement en cellule sécurisée, une observation toutes les demi-heures de jour et de nuit et le fait que tout mouvement hors cellule se ferait menotté et entravé ». 

Ce qui se cache derrière ces mots est ceci : « Farid Bamouhammad est placé en cellule nue, non chauffée, dans les minutes qui ont suivi son arrivée à la prison d’Ittre, et des entraves lui ont été posées. Suivant les photographies qui sont versées au dossier et la description qui en est faite par les enquêteurs, lesdites entraves sont constituées de deux paires de menottes métalliques (une paire placée aux poignets et la seconde aux chevilles) reliées entre elles par une chaîne métallique, les anneaux des menottes sont reliés entre eux par une chaîne de 30 centimètres et les deux paires de menottes sont reliées entre elles par une chaîne de 80 centimètres. Farid est resté ainsi entravé du 6 décembre 2007, date de son arrivée à la prison d’Ittre, jusqu’au 16 décembre 2007, date de son transfert vers un autre établissement pénitentiaire » . Enchaîné de telle manière, le détenu est blessé aux chevilles par des menottes trop serrées. Il a tout simplement été empêché de se laver, de pouvoir s’essuyer lorsqu’il allait aux toilettes : « ce qui », dit la Cour, « paraît vraisemblable eu égard à la description qui en a été faite ». Un ancien directeur de prison vient confirmer devant le tribunal que les entraves photographiées par les enquêteurs correspondaient à celles pouvant être utilisées dans toutes les prisons belges. La Cour a condamné les responsables et auteurs du traitement infligé à Farid, mais le ministère public a interjeté appel.

On se souvient que le ministère de la Justice, en réaction aux lettres d’ Ashraf Sekkaki, a nié sur tous les tons l’existence de telles pratiques dans les sections de sécurité particulière et individuelle : « Jamais un détenu ne doit se promener avec des menottes aux mains et aux pieds ». Tout en laissant la porte ouverte à leur utilisation : « L’utilisation de menottes aux mains et aux chevilles est strictement réglementée et est toujours motivée par une décision individuelle. Ces décisions sont enregistrées et consultables. L’utilisation de ces restrictions est extrêmement rare, son utilisation est limitée aux transferts vers la section et lorsqu’il est placé dans la cellule de punition. Pour des raisons de sécurité et pour la sécurité du personnel, qui, lui aussi, a droit à la protection contre des crises d’agressivité, elles peuvent être utilisées à l’intérieur de la section et strictement limitées à la durée d’un déplacement.
Bien sûr, elles sont également utilisées par les forces de police pendant le transfert d’un prisonnier.
Les services de police sécurisent le transport d’un détenu et doivent prendre les mesures nécessaires. Il semble logique que ce soient les services de police qui décident, sur base de la dangerosité (d’évasion) du détenu en question ». C’est un texte qui mérite réflexion.

Ce que Farid Bamouhammad a vécu rappelle les circonstances de la mort de Faycal Chaaban, 25 ans, à la prison de Forest le 24 septembre 2006. Multirécidiviste, incarcéré pour vol, il était considéré comme « très agité », et avait reçu plusieurs doses de neuroleptiques. Il avait été retrouvé mort le lendemain. Avec ce détail, rapporté par la presse : « Faycal Chaaban avait été retrouvé mort dans sa cellule, torse nu et allongé sur le dos, pieds et mains liés » (117) . 


L’expérience de Farid vécue à Ittre montre comment la permission d’utiliser « des menottes et entraves aux pieds et aux mains » au nom de la sécurité - fût-ce par « décision réglementée, motivée, enregistrée et consultable » - peut être comprise comme une permission officielle d’infliger les traitements décrits plus haut, sans raison et ce pendant une période de dix jours..."
                                                                                                                 

(116).Toutes les citations viennent du Tribunal correctionnel de Nivelles, 3ème chambre en audience publique du lundi 13 janvier 2014

(117). http://www.lacapitale.be/343326/article/regions/bruxelles/actualite/2012-03-07/bruxelles-le-proces-de-deux-medecins-de-la-prison-de-forest-remis-a-septem