dimanche 21 décembre 2014

Lettre à la Ministre française de la Justice sur le sort des deux jeunes français à la prison de Tanger

Appel ! Envoyez la lettre à la ministre de la justice : http://www.justice.gouv.fr/contact.html
Comment faire ?
Copiez la lettre et collez là dans la partie prévue à cet effet; renseignez les champs demandés, ceux marqués par un astérisque(*) étant obligatoires.



Groupe “Sauvons Abdel Aziz et Yassine”, deux jeunes touristes français torturés au Maroc
Bruxelles/Gap, 20/12/2014

A Madame la Ministre Française de la Justice
Ministère de la Justice
13, Place Vendôme
75042 Paris cedex 01

Madame la Ministre de la Justice,
Vous n’ignorez pas qu’au Maroc des jeunes Français sont victimes d’arrestation arbitraire et condamnés à de longues périodes d’emprisonnement à la suite de procès fabriqués. À titre d’exemple permettez-moi de vous résumer l’histoire scandaleuse de deux jeunes Français partis l’année dernière au Maroc avec deux copains pour passer des vacances.
Peu de temps après leur arrivée à Tanger, le 5 décembre 2013, peut-être confondus avec quatre dangereux malfrats (dont deux policiers, on l’apprendra plus tard), ces quatre amis sont enlevés brutalement pour « détention d’armes à feu, meurtre et braquages », amenés au commissariat à Casablanca où ils sont atrocement torturés pendant 5 jours.
Lorsqu’une victime de la vraie bande de malfrats ne reconnaît pas les quatre amis, la torture continue, mais à présent pour faire avouer un trafic de drogue. Ils sont condamnés à 2 ans de prison. Deux d’entre eux sont libérés après quelques mois. Abdel Aziz et Yassine sont maintenus en prison à Tanger. Leur détention perdure, même lorsque la vraie bande de malfrats est arrêtée et avoue ses méfaits.
En juin ils commencent une grève de la faim, “nourris” au minimum (eau, sucre...) par l’administration pénitentiaire qui ne veut pas prendre le risque de les laisser mourir. N’ayant plus aucun espoir de se faire entendre, ils l’arrêtent au bout de quatre mois. Quatre mois qui ne suffisent pas pour crier leur innocence, pour subir vols, injures, menaces...Quatre mois qui risquent de leur laisser des séquelles pour la vie!
Une première année de prison s’est terminée sans espoir de libération. Leur peine est de deux ans. Resteront-ils sous les verrous jusqu’en décembre 2015 ? Pourquoi ?

Madame la Ministre de la Justice,

ces deux Franco-Maghrébins sont des citoyens français ! Je lis dans le dépliant que vos services nous avaient fait parvenir: “L’une des missions de nos ambassades et consulats est la protection des ressortissants français détenus à l’étranger”. Qu’en est-il de cette protection alors que nous apprenons que le Consul n’a eu à leur offrir que des remontrances contre leur grève de la faim ? La sœur d’Abdel Aziz a envoyé une lettre au président de la République pour dire sa détresse, sans résultat… Comment la France appelée encore parfois « pays des droits de l’Homme », peut-elle tolérer que ses citoyens soient torturés de la plus ignoble manière alors qu’il a été prouvé qu’ils sont innocents ?
Et pourquoi deux des quatre amis sont-ils libérés alors que les deux autres continuent à vivre l’enfer des prisons marocaines ? Parce qu’eux deux ont osé fréquenter des Marocaines ? La rupture des relations diplomatiques irait-elle jusque là ? Nous savons que ces relations entre la France et le Maroc ne sont pas au beau fixe… pour des problèmes de tortures, précisément ! Les tortures qu’ont subies ces Français sont de la même “qualité” que celles qu’a subies Zakaria Moumni, que le Ministre français des Affaires Etrangères a qualifiées d’«incident regrettable » : simulation de noyade, suspension par les pieds, électricité dans les testicules, menotte enfoncée dans la bouche, menaces de viol, crachats, injures, humiliations…
Nous avons créé un groupe pour apporter notre soutien à ces deux garçons et demander leur urgente libération pour qu’ils n’aient pas à passer une deuxième année de cauchemar sans aucune raison. L’information prend de l’ampleur à travers les réseaux sociaux. Des centaines de jeunes, et moins jeunes, se disent indignés ! Pour eux le Maroc ne sera plus une destination de rêves !

Madame la Ministre de la Justice,
nous vous demandons d’intervenir d’urgence auprès des autorités marocaines pour appeler à la libération de ces deux Français, ou, au minimum, leur transfèrement dans une prison française, selon l’avenant de 2007 à l’accord sur le transfèrement qui inclut pour les bi-nationaux de choisir le pays où ils préfèrent purger leurs peines.

Vous trouverez plus de détails sur cette affaire : http://www.cyberacteurs.org/…/affaire-trois-franco-maghrebi…
Nous souhaiterions être reçus à votre ministère pour parler de ces cas de Français incarcérés au Maroc.
Veuillez agréer, Madame la Ministre de la Justice, l’assurance de notre haute considération.
Les administrateurs du groupe “Sauvons Abdel Aziz et Yassine”
Luk Vervaet, Marie-Jo Fressard

mardi 4 novembre 2014

Journées nationales des prisons 22-29 novembre 2014

Le documentaire "Le Déménagement" de Catherine Rechard, suivi des interventions de François TROUKENS, Alessandra d'ANGELO et de Luk VERVAET. Médiatrice : Olivia NEDERLANDT

Dans le cadre des journées nationales prisons ayant cette année pour thème "la vie quotidienne en prison", le jeudi 27 novembre à 18h30 sera projeté à l'auditoire 1 de l'Université Saint-Louis Bruxelles, bd du jardin botanique, 43 à 1000 Bruxelles, le documentaire "Le Déménagement" de Catherine Rechard, suivi des interventions de François TROUKENS, Alessandra d'ANGELO et de Luk VERVAET. Ensuite, le public pourra adresser ses questions aux intervenants.
Médiatrice : Olivia NEDERLANDT, avocate pénaliste au Barreau de Bruxelles et membre de l'Observatoire International des Prisons.

Synopsis du documentaire Le Déménagement :
A Rennes, comme dans d'autres villes françaises, la maison d'arrêt construite début 20e siècle déserte le centre-ville au profit d'un centre pénitentiaire de 690 places en périphérie. Alors que le déménagement approche, les personnes détenues et les personnels ont une seule et même question : que sera la vie dans cette nouvelle prison? Dans les 2 établissements, le film s'interroge avec les personnages, sur la façon dont l'architecture interfère dans le mode de fonctionnement d'une prison et le lien entre la modernisation des locaux et l'amélioration de la vie en détention. Au-délà de la prison, il questionne le postulat selon lequel, nouveauté et avancée technologique signifient nécessairement, mieux-être et progrès.


François Troukens, Président Fondateur de l'Association Chrysalibre
Ancien braqueur de fourgons, François Troukens a été considéré un temps comme l'ennemi public N°1. Pendant ses dix années passées en détention, il reprend des études de Lettres Modernes à la Sorbonne, depuis la prison de la Santé à Paris. Il suit également diverses formations éclectiques et décroche une agrégation en psychopédagogie. À sa libération, il troque le flingue contre la plume et se lance dans le cinéma et l'écriture. François Troukens est aujourd'hui auteur-réalisateur. Fort de son vécu, il n'a pas oublié son passé qu'il souhaite mettre à profit pour informer et réformer. Il milite pour la réhabilitation par l'instruction et la culture. En 2014, il crée l’association Chrysalibre avec la collaboration d’Alessandra d’Angelo et lutte activement pour une refonte de notre système carcéral basé sur un mode de fonctionnement archaïque et sécuritaire.

Alessandra d'Angelo, co-fondateur de l'Association Chrysalibre
Avocate devenue journaliste d'investigation, Alessandra d'Angelo a toujours porté un intérêt particulier à ce qui fait un jour que le tout bascule. Elle se passionne pour les zones d'ombre qu'elle met en lumière dans ses articles et reportages consacrés à l'actualité et aux faits de société. Elle s'intéresse particulièrement au monde carcéral qu'elle a pu pénétrer pour y investiguer. Au cours de ses enquêtes, elle y a rencontré une série d'acteurs de terrain mais aussi des condamnés à de lourdes peines. Avec la collaboration de François Troukens, elle a écrit un ouvrage qui dresse un portrait de ce monde carcéral et propose des solutions pour le réformer. (Les papillons d'Ombre, à paraître au printemps 2015).

Luk Vervaet, ancien enseignant en milieu carcéral et écrivain. Il est notamment l'auteur de "Guantanamo chez nous?" (Editions Antidote, 2014), de "Le making-of d'Anders B. Breivik" (Egalité=Editions 2012), "Kim et Ken, mes enfants disparus" (Edictions Luc Pire, 2006), "Condamnés à la prison? Ecrits sur un monde caché" (Revue contradictions, 2008), "L'affaire Luk Vervaet. Ecrits sur un interdit professionnel" (Revue contradictions, 2011).


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mercredi 8 octobre 2014

Film "Une part du ciel" et débat Christine Guillain, Pierre Reynaert et Luk Vervaet (Festival Cinéma d'attac, Botanique, 12/10 à 17 h)

Film "Une part du ciel" et débat Christine Guillain, Pierre Reynaert et Luk Vervaet (Festival Cinéma d'attac, Botanique, 12/10 à 17 h)

DIMANCHE 12 OCT  17 h
UNE PART DU CIEL de Bénédicte LIÉNARD
/ Fiction / Belgique-France / 2001 / 86 minutes

au 15ème festival du cinéma d'attac au Botanique (Bruxelles)

DÉBAT : « Fermez les prisons...!»
Intervenants : Christine GUILLAIN, (Présidente de la Commission «Justice» au sein de «la Ligue des droits de l’Homme»), Pierre REYNAERT, (Ancien Directeur de prison) et Luk VERVAET, (Enseignant dans les prisons)

« Johanna, qui purge une peine d’emprisonnement, mène la lutte dans l’atelier de pliage où les détenues se font exploiter sans vergogne. Mêlant fiction et documentaire, le film dépeint –dans un va-et-vient incessant entre prison et usine– la condition d’une frange du salariat particulièrement opprimée: les ouvrières spécialisées. Loin d’être fortuit, ce parallèle métaphorique entre les deux univers bénéficie de l’expérience de la réalisatrice belge, pour qui cette première oeuvre vient après des travaux sur les établissements pénitentiaires, des collaborations avec les frères Dardenne et Raymond Depardon. Dans Une part du ciel, les rôles sont partagés entre des acteurs professionnels (Olivier Gourmet, Yolande Moreau), des ouvrières et d’ex-détenues. Et c’est foudroyant ».

mardi 13 mai 2014

Nouvelle plainte de 25 détenus à Forest sur le port de matricule des agents pénitentiaires (28 avril 2014)


 
Monsieur le procureur,

Nous,

B.Yassine, B Youssef, E. Badr, D.Nejal, Q. Nordin, A. Adil, A Nordine, I. Sofyane, M. Fared, T. Cedric, L. Carlos, P. Youri, M. Akulayi, K. Toufik, C. Zohair, K. Deyan, H. Bachir, H. El Mehdi, Z. Abdel, Q. Marvin, G. Christophe, C. Halim, M. Rachid, S. Vahagn, Z. Karim,

suite à la paralysie d'une première plainte collective de 18 détenus sous mains de la justice en date de janvier 2014, à propos de détention indigne à la prison de Forest,

souhaiterions vous communiquer un « rappel » et l'allongement d'une nouvelle liste de plaignants de 25 autres personnes détenues, vu l'urgentissime des violations que nous subissons au quotidien. Notamment l'usage de violences dont nous sommes injustement victimes.

Notre première plainte collective portait sur des « malversations financières, des actes de cruautés, de barbarie et de coups et blessures volontaires, abus d'autorité dans l'exercice de la fonction publique ». Les faits : amplification des pratiques de violences (passage à tabac de détenus, humiliations, injures, provocations..) sont les attributs des agents à la prison de Forest...

A ce jour, nous 25 détenus (noms en annexe) souhaiterions mettre en exergue le fait de « manque de matricules d'agents en poste à Forest », qui volontairement cachent le matricule (obligatoire) afin de donner une pérennité aux tabassages orchestrés, ainsi qu'aux véritables mauvais traitements physiques infligés aux détenus.

Cet anonymat des agents vise volontairement aux pratiques de violences, tout en restant non identifiables pour les victimes. Cela nous renvoie à une administration dont les agents se moquent de la justice, du législatif, du code de la déontologie et qui bafoue le droits de ses citoyens... Très inquiétant !

Monsieur le procureur général,

nous souhaiterions solliciter votre autorité afin de rappeler aux agents pénitentiaires les obligations de la loi : « Les agents doivent être identifiables ».


Nous persistons que le port du matricule ferait cesser un nombre croissant de tabassages, ainsi qu'aux victimes de poursuivre les auteurs de tortures, par voie de procédures judiciaires qui condamnent ces pratiques.
Nous précisons que même les élèves-stagiaires ne répondent aux exigences de la loi. Ils sont conseillés par les aînés de ne pas se munir de leur matricule, un processus arbitraire qui démontre que non seulement les dispositions sont vides de sens, mais qu'un état d'esprit se perpétue à l'autisme des réglementations en vigueur.

Nous souhaiterions faire poursuivre notre préjudice auprès de votre service de justice, (au pire) entamer une procédure par le biais du tribunal des référés.

Monsieur le procureur général,

nous souhaiterions que vous prenez acte de notre plainte collective. Ce ne serait que légitime que la loi et l'état de droit ne s'arrêtent pas aux portes des prisons.

Merci de pouvoir véritablement entendre un premier collectif de 18 personnes et à ce jour 25 personnes détenus à la prison de Forest,dans des conditions de détention qui vont à l'encontre de toutes les dispositions et plus précisément du respect de la condition humaine.

Dans l'attente, monsieur le procureur, nous rendons publique cette plainte collective et espérons votre intervention pour que le port du matricule soit la conciliation du respect des dispositions.

Nous vous prions d'agréer nos salutations des plus distinguées,

Le collectif

dimanche 27 avril 2014

Déclaration du Parti des Egalitaires au sujet de la condamnation à mort de 529 personnes en Egypte

Depuis la révolution égyptienne de 2011, qui a renversé le régime de Mubarak, les Frères musulmans ont gagné toutes les élections libres. Mais l'ancien régime n'a pas été démantelé. Mubarak n'a toujours pas été condamné. Aucun membre des forces de l'ordre, pourtant responsables de la mort de plusieurs milliers de personnes, n’a été condamné. L'inévitable s'est produit : en juillet 2014, un coup d'état de l'armée a remis l'ancien régime au pouvoir. Selon Amnesty International et d’autres sources, ce coup d'état a coûté la vie à un nombre compris entre 1400 à 2000 personnes. Au moins 20.000 personnes ont été mises en prison. En décembre 2013, l'organisation des Frères musulmans, vieille de 85 ans, a été déclarée organisation terroriste. Dès lors toute appartenance, possession d’ouvrages de littérature ou participation à des manifestations est passible de prison. Suite à cela, le gouvernement britannique a mis les Frères musulmans à Londres sous surveillance.

Le lundi 21 mars, à la ville d'El Minia, dans un procès inique, un tribunal a condamné à mort 529 personnes, jugées responsables de la mort d'un policier et d’autres violences pendant l'été 2013. En guise d’information : le 13 août 2013, pendant la même période, 37 détenus menottés ont été gazés dans un fourgon de police, après que des policiers y eurent lancé des grenades lacrymogènes. Un seul policier a été condamné à 10 ans de prison pour ces 37 meurtres ! Et ça continue : le mardi 22 mars, 700 autres personnes ont été citées à comparaître.

Nous assistons à l'extermination pure et simple de l'organisation des Frères musulmans. Nous exigeons l'annulation des procès. Nous exigeons la libération de tous les détenus politiques en Egypte.

C’est aussi une occasion de déclarer que le Parti des Egalitaires est solidaire de tous les détenus politiques en Palestine, à Guantanamo ou au Maroc ! De Georges Ibrahim Abdallah en France à Mumia Abu Jamal aux Etats-Unis : liberté pour les prisonniers politiques.

Pour le Parti des Egalitaires, Amina Amadel et Hicham Hadj Ben Azzouz    

dimanche 13 avril 2014

"1981" : a play about the heroic hungerstrikes of Bobby Sands and his comrades



 Event on Facebook

During our organising of political delegations to the North of Ireland over the last 3 years, a group of us had the great privilege of seeing a truly incredible, deeply moving and powerful Play about the
Heroic Hunger Strikes of 1981, written & performed by Tony Devlin of Brassneck Theatre Company, based in West Belfast.

Upon seeing the Play, we decided we HAD to bring it to england. That people here needed to see it. That there is still much we have to learn about the heroic Irish Struggle against english imperialism, and that this Play is an important part of that education process.

So! We are deeply fortunate and very happy to announce that Tony & the Brassneck Crew will be bringing over '1981' to London this May!!! We are also very fortunate indeed to have Brendan 'Bik' McFarlane coming over with Tony & the crew!!

Bik is a Republican Legend. He is an ex-POW who was the Officer Commanding in the H-Blocks during the Hunger Strikes. Bik has very kindly agreed to come over and do a Q&A with us to share about his experience of the H-Blocks & the Hunger Strike. He is also a phenomenal Folk Singer, and will be performing a session afterwards!!

So, get your tickets asap before they sell out, and come and join us in London for what will surely be an incredible, very moving, deeply educational and fantastic night!!! :)

About the Play:

'1981'

'The 1981 Irish hungerstrike, in which ten men gave their lives in the struggle for political status, irreversibly shaped political developments for decades to come. In this unique piece of theatre, we are given a deep insight into the lives of each of the ten men as to who they really were.

Through music, song, visuals and performance, this one-person show takes us on an extraordinary journey of how ten very ordinary men, shook the world from their prison cells.

An ultimately uplifting piece of theatre through tragedy of Shakespearean proportions, 1981 is the story behind the legacy of the Irish hungerstrike. The equality that we all enjoy today… the laughter of our children.'

Written and Performed by Tony Devlin.

lundi 7 avril 2014

Témoin du suicide de son codétenu à la prison de Forest : la banalité du mal

J'ai reçu le témoignage de A.S, un ancien détenu à la prison de Forest. Mon témoin parle anglais. Il ne maîtrise pas le français. Il est sans-papiers. Il était enfermé dans la cellule numéro 829 du bâtiment C de la prison quand, la nuit du 3 juillet 2013, vers 3.45h du matin, son codétenu s'est pendu. A.S a crié, hurlé à l'aide jusqu'à ce que des agents sont venus voir par œilleton de la porte de sa cellule. Ne sachant pas si le détenu pendu était encore en vie ou non, ils sont repartis, laissant  A.S seul avec lui. « L'aide » n'est venu qu'à 6h du matin. Soit plus de deux heures plus tard. Mon témoin n'a pas reçu d'aide psychologique. Il a reçu du chocolat et du coca-cola et a été isolé des autres détenus, en lui disant qu'il devait dire : « I don't know » : tu ne parles à personne et tu dis que tu  ne sais rien. Affaire classée. Voici son témoignage pour que la lumière soit faite sur cette affaire. 

Luk Vervaet, Association des familles & ami(e)s des détenus.



« Je m'appelle A.S. J'ai 27 ans. J'ai été incarcéré à la prison de Forest en juin 2013. C'était la première fois de ma vie que j'étais en prison. J'étais au numéro 829,.dans une cellule à deux personnes. La nuit du 3 juillet 2013, vers 3.45 h du matin. j'ai constaté que mon codétenu s'est suicidé.  Peut-être cela s'est passé déjà plus tôt dans la nuit, je ne le sais pas. J'ai crié, crié : « Chef ! Chef ! » Ils sont venus, mais ils n'ont pas ouvert la porte. Ils n'ont ouvert la porte qu'à 6 heures du matin. Là, ils sont venus avec la police, un médecin et des responsables de la prison. Ils ont amené le corps. Je me sentais terriblement mal. Ils m'ont enfermé dans ma cellule ne voulant pas me laisser sortir. Ils m'ont donné du coca-cola et du chocolat en me disant : tu ne parles pas à la presse, tu dis que tu ne sais rien. J'étais seul pendant 9 jours. Je ne pouvais pas dormir, ni manger. Je devenais fou. La police est venue. J'ai donné ma déclaration, mais ils ne m'écoutent pas, ils me disaient : « It's ok now. ». Mais ce qui s'est passé, je ne peux pas l'oublier. Si je ne prends pas de médicaments je n'arrive pas à dormir. Ca a été un drame dans ma vie. »          

dimanche 16 mars 2014

AGENDA 15 mars-31 mars 2014

Mardi 18 mars 2014 à 9 heures, suite du procès d'Abdelkader Belliraj, Palais de Justice, Bruxelles
 

Ensemble avec Human Rights Watch, nous demandons la libération immédiate de Belliraj et de tous les détenus restants dans ce procès.
http://prisonnierseuropeensaumaroc.blogspot.be/
 

Mardi 18 mars 2014 à 18 heures, lancement du "Manuel juridique et pratique" de Mathieu Beys. Conférence « Quels droits face à la police ? », Bruxelles Laïque, 18-20 avenue Stalingrad

 
 
Un manuel qui offre des réponses à plus de 500 questions que citoyens et professionnels peuvent se poser sur les (abus de) pouvoirs de la police en Belgique.
En présence de l’auteur Mathieu Beys (juriste, membre de l’Observatoire des violences policières de la LDH), Cédric Smeets (commissaire de police), Alexis Deswaef (président de la Ligue des Droits de l'Homme), Bernard de Vos (Délégué général aux droits de l’enfant), Philippe Van Muylder (Secrétaire général de la FGTB Bruxelles - ABVV Brussel), un(e) représentant(e) de la CNE, des témoins de violence policière.
Entrée gratuite mais inscription souhaitée à bruxelles.laique@laicite.be
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Vendredi 21 mars à 9 heures, audience introductive de l'appel de Didier Reynders contre Ali Aarrass le 21 mars, Palais de justice, Bruxelles
 
 
Echanges de conclusions et fixation d'une date pour le procès.
Malgré une décision de la justice belge en référé datant du 3 février dernier, le ministère belge des Affaires étrangères continue à refuser l’assistance consulaire à Ali Aarrass. Il est non seulement en appel contre cette décision, mais, jusqu'à ce jour, Ali n'a pas reçu la visite de la réprésentation belge, malgré sa demande et malgré le fait que le jugement du 3 février 2014 est exécutoire. !
www.freeali.eu
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Dinsdag 25 maart om 20.30 u. Kaaitheater Sainctelettesquare 20, Bruxelles boekvoorstelling van het boek De neoliberale strafstaat. Bleri Lleshi  
 
 
Inleiding : Eric Corijn (VUB)
Gastheer : Gie Goris (hoofdredacteur MO* magazine)
Gastsprekers :
- Guy Vanhengel (Minister van de Brusselse Hoofdstedelijke Regering, Open Vld)
- Malika Abbad (voorzitter Groen Brussels Hoofdstedelijk Gewest)
- Michael Verbauwhede (PVDA lijsttrekker Brussels Parlement)
- Nadia Fadil (KUL)
- Myriam Stoffen (Zinneke Parade)
Muziek : Moufadhel Adhoum 
Het boek 22,50 euro en zal ter plaatse verkrijgbaar zijn. Gratis inkom.
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Vendredi 28 mars : Le Grand Voyage Festival :   Soirée citoyenne

 

A 18h :Table ronde : La double nationalité en Belgique au regard du droit international et des droits de l’Homme.
Intervenants :
Christophe Marchand, Avocat ;
Arnaud Louwette, Spécialiste de droit international (ULB);
Luk Vervaet, Auteur de “Condamnés à la prison?”;
un représentant de La Ligue des Droits de l’Homme.
Témoignage de Farida Aarrass , la soeur d’Ali Aarrass.
Modération : Aurore Van Opstal, journaliste.
 

 
A 20h : Soirée artistique en solidarité avec les « Sans-Voix » (photos du groupe Hydra et de Souad Fila)
 
 
 
Avec
Youness Mernissi,
 Manza,
Luisa Gherdaoui,
Hydra,
Souad Fila,
Marishka Connection ,...
...

vendredi 7 mars 2014

Lundi 10 mars 2014 : procès d'un détenu contre les conditions inhumaines à la prison de Forest

Communiqué de presse.
Chère rédaction,

Fared M, un détenu de 47 ans, se trouve depuis 11 mois à la prison de Forest, attendant son procès. Français, il est en « remise temporaire « en Belgique suite à un accord entre les justices française et belge, inculpé pour des faits non violents. Le lundi 10 mars un tribunal jugera sur sa plainte contre les violations de la Convention européenne des droits de l'homme à la prison de Forest.
 

De quoi s'agit-il ?
 

A son arrivée à la prison de Forest le 8 mars 2013, Fared  a été mis au cachot suite à son refus de « la fouille au corps systématiquement nu ». Pendant 9 jours il s'est retrouvé nu dans une cellule, sans point d'eau, sans une toilette qui fonctionne, avec une seule couverture, un matelas disloqué en mousse sur le sol, une fenêtre ouverte à une hauteur inaccessible, une lumière allumée 24 h sur 24, sans droit de parler à son avocat.
Fared ne dénonce pas seulement les conditions horrifiantes qu'il a du subir pendant ces premiers jours en Belgique. Il dénonce que 3 détenus doivent se trouver dans une cellule de 9 mètres carrés, enfermés pendant 23 heures sur 24. Il dénonce l'hygiène déplorable, p.ex. les draps et les uniformes des détenus qui ne sont changés que tous les 1,5 mois, voire 2 mois, avec comme conséquence la propagation des maladies comme le TBC, la galle etc.. Il porte plainte contre les tabassages réguliers de la part de certains agents pénitentiaires, surtout à l'encontre des personnes ayant un statut précaire et étranger. Il s'oppose à la sous-alimentation et la surmédicalisation des détenus.
 

A sa demande Fared a obtenu une protection consulaire de la France, accordée par la ministre de la justice. Christiane Taubira. Il est soutenu par les députés français Erwann Binet et Jean Lecerf. Fared peut aussi compter sur le soutien du bourgemestre de Forest, Marc-Jean Ghyssels,qui insiste sur le respect d'un quota d''incarcération imposé par un arrêt du Conseil d'Etat le 11 juillet 2012. Son avocat est Maitre Carmelo Virone. Tel 0475233471

Merci de  reprendre cette information dans vos rubriques,   .

Luk Vervaet, Association des familles et ami(e)s des détenus.   

vendredi 28 février 2014

Retour à la prison de Forest : les plaintes de détenus de 2009 et de 2014

Un article de Luk Vervaet (contact vervaetluk@gmail.com)

Un non-lieu pour des actes de torture et de maltraitance, commis en 2009, par la police de la Zone de Bruxelles Midi !

Ce qui s'est passé il y a cinq ans à la prison de Forest rappelle des pratiques dignes de Guantanamo ou d'Abu Ghraib. Il y avait un rapport détaillé de la très officielle «  Commission de surveillance de la prison de Forest » sur ces événements, qui se sont déroulés à cette prison en septembre et octobre 2009. Puis, sur les mêmes faits, il y a eu le rapport de 2010 du Comité pour la prévention de la torture (CPT) de l'Europe concernant la Belgique. Les gardiens de la prison étant en grève pendant plusieurs jours en
septembre et octobre 2009, c'est une équipe de la police qui a assuré le service à la prison. Composée de plusieurs volontaires pour ce genre de jobs, cette équipe avait littéralement pris possession de la prison, en mettant même de côté la directrice et des gardiens qui essaieront d'intervenir pour protéger des détenus. Des extraits de ce rapport du CPT seront repris par le journal Le Soir du 8 août 2010 sous le titre approprié  : « Quand la police « fait régner la terreur » à Forest ». Pour rappel, je vous invite à relire l'original de ce rapport du CPT de 2010.

«  Toutefois, ce ne sont pas les évènements de Lantin qui paraissent les plus préoccupants, mais bien ceux qui se seraient déroulés fin septembre et fin octobre 2009 à la Prison de Forest[40].

Le premier incident remonte au 22 septembre 2009, lors de la distribution du repas du soir au rez-de-chaussée de l’aile D de la prison. Un détenu interné, S.A, fragile sur le plan psychique, aurait reçu un coup de matraque de l’un des deux policiers de la Zone de Police Bruxelles Midi qui escortaient le détenu « servant », alors qu’il se penchait pour recevoir sa ration de pain, puis aurait été violemment repoussé dans sa cellule (N° 1026). Alerté par le bruit, deux autres policiers, qui se trouvaient au niveau supérieur, seraient descendus. Une policière serait restée dans le couloir en demandant au détenu servant de se tenir à l’écart et un autre serait entré dans la cellule. Le détenu aurait alors été frappé avec violence. Roué de coups, le détenu aurait tenté de se réfugier dans le fond de sa cellule, près de son armoire, et des tâches de sang au mur, à hauteur de la tête du détenu, témoigneraient de la violence des coups portés. Le détenu précisa en outre que toute sa cellule aurait été saccagée.

Le détenu « servant », témoin direct de l’incident, a indiqué que seul l’un des deux policiers qui accompagnaient la distribution du repas aurait frappé le détenu concerné, rejoint par l’un des policiers venu de l’étage. Le détenu « servant » a en outre précisé qu’avant de quitter la cellule, l’un des deux policiers se serait lavé les mains au lavabo de la cellule, alors que S.A. gisait à terre, inconscient. A deux reprises, le détenu « servant » aurait demandé aux policiers présents d’appeler un médecin, sans réaction. Finalement, un peu plus tard, le médecin de garde de l’établissement vint sur place, constata que le détenu se trouvait dans un état critique, et ordonna son transfert immédiat à l’hôpital d’Uccle. Le détenu serait revenu à la prison dans la nuit et mis au cachot, où il fut vu par le Commissaire du mois le lendemain, porteur de plusieurs points de suture à la tête. Il y resta deux jours, selon la direction de la prison, pour sa propre sécurité. Etant donné la grève en cours, le détenu concerné n’aurait pas eu la possibilité de s’entretenir rapidement avec son avocat (l’accès à l’établissement leur ayant apparemment interdit par la police pendant la grève).

85. Une deuxième série d’incidents se seraient déroulés les 30 et 31 octobre 2009. Une nouvelle fois, des policiers de la zone de Police Bruxelles Midi furent appelés en renfort afin d’assurer la sécurité dans la prison. Selon les propres termes du rapport de la Commission de surveillance, les policiers « se rendirent maîtres de la prison, en y faisant régner la terreur. Ils n’hésitèrent pas à exercer des menaces sur les directeurs et les agents pénitentiaires présents dans l’établissement qui voulaient s’interposer ». De plus, « certains policiers se seraient promenés cagoulés dans l’établissement afin qu’on ne puisse pas les reconnaître ». Ce rapport (daté de novembre 2009) énumère avec force détail plusieurs éléments s’apparentant à l’évidence à des mauvais traitements très graves et à des traitements dégradants :

- des policiers seraient entrés à cinq ou six dans la cellule de A. M., à l’aile D, pour l’emmener au cachot, tout en le frappant et en écartant une directrice qui voulait intervenir. Au cachot, ils l’auraient forcé à se déshabiller entièrement et à se mettre accroupi, tandis qu’ils le frappaient avec des matraques dans le dos et sur les testicules. Ils l’auraient alors obligé à répéter après eux des propos injurieux et blasphématoires, sans quoi ils continuaient à le frapper. Devant ses sanglots, ils se gaussèrent de lui : « Tu pleures comme une femme, maintenant ! » ;

- M.V. et K.V., deux détenus de l’aile D, auraient été emmenés au cachot, obligés de se déshabiller complètement, de se mettre accroupis, et auraient reçu de multiples coups de la part de policiers présents ;

- F. M., un détenu de l’aile A, aurait interpellé des policiers qui jouaient avec le jeu de cartes qu’il avait oublié dans l’aile. Leur ayant fait remarquer que c’était le sien et leur ayant dit « Vous pourriez le demander », il s’est entendu répondre « ferme ta gueule, chien ! », ce à quoi il aurait répliqué « vous n’êtes pas là pour jouer aux cartes … ramenez mon jeu de carte … vous êtes là pour faire du désordre ! » Il allègue qu’un policier féminin aurait voulu lui rendre son jeu de carte, mais que ses collègues masculins s’y seraient opposés et seraient rentrés dans sa cellule avec des boucliers et des matraques. Un surveillant serait alors rentré dans sa cellule pour calmer le détenu, mais aurait été écarté par des policiers qui l’auraient plaqué au mur et les policiers auraient mis des « colsons » au détenu et l’auraient emmené au cachot, en usant de violence, devant deux directrices. Selon les informations, l’une des deux directrices, qui aurait demandé de prendre une pince pour enlever les « colsons » au cachot, se serait fait agresser par les policiers. Le détenu aurait par la suite frappé au guichet de la cellule du cachot et aurait demandé un matelas. Une directrice et un surveillant seraient restés devant la porte de la cellule pour éviter que les choses ne dégénèrent. Ceux-ci partis, les policiers seraient alors rentrés dans la cellule, en auraient sorti le matelas, auraient forcé le détenu à se mettre à genoux et l’auraient insulté en utilisant des propos injurieux et blasphématoires. Le détenu aurait ensuite été changé de cellule de l’aile D à l’aile C - où il se serait retrouvé sans matelas ni couverture - par des policiers casqués et cagoulés qui lui auraient donné des coups de bouteille d’eau au visage, coups que le détenu aurait fait constater par le médecin de la prison ;

- des policiers s’en seraient également pris à l’un des leurs, détenu, L.M., qu’ils auraient harcelé toute la nuit, en criant aux détenus de son aile « voulez-vous qu’on vous livre un pédophile ? » et, n’en pouvant plus, ce dernier se serait ouvert les veines. Etant donné que les policiers auraient interdit aux surveillants présents d’effectuer leurs rondes la nuit, ce ne serait qu’à la reprise du travail, le lendemain à 6 heures du matin, qu’un surveillant aurait découvert le détenu gisant dans son sang.

86. Suivant les informations à disposition du CPT, le Collège de Police de Bruxelles Midi aurait fermement condamné, dans un communiqué de presse, les événements des 22 septembre et 30 et 31 octobre 2009. En outre, les faits incriminés feraient l’objet de cinq enquêtes différentes : une plainte avec constitution de partie civile du détenu dont question au paragraphe 84 ; une information judiciaire ouverte par le Parquet du Procureur du Roi de Bruxelles ; une enquête du « Comité P », menée à la demande du Ministre de l’Intérieur ; une enquête de l’Inspection Générale de la Police Fédérale et de la Police Locale, et une enquête disciplinaire interne de la Zone de Police de Bruxelles Midi.

87. Le CPT considère, à la lumière des informations recueillies lors de sa visite à la Prison de Lantin et lors de l’entretien de sa délégation avec un représentant de la Commission de surveillance de la Prison de Forest, qu’il est crucial que les autorités belges mettent rapidement en oeuvre sa recommandation, formulée à l’issue de la visite en 2005, visant à l’instauration d’un « service garanti » dans le secteur pénitentiaire. Il y va à la fois de la protection de l’intégrité physique et psychologique des détenus, dont les autorités belges portent l’entière responsabilité, mais aussi de la crédibilité de l’institution pénitentiaire et de son personnel, dans son ensemble. Le CPT en appelle aux autorités belges afin qu’elles mettent en place sans autre délai un « service garanti » au sein du secteur pénitentiaire.

De plus, le CPT souhaite recevoir des informations détaillées s’agissant des résultats des différentes enquêtes dont il a été fait mention ci-dessus ».1


Le 25 février 2014, le CPT vient de recevoir la réponse qu'il demande depuis 4 ans. En effet, cinq ans après les faits, et cinq commissions d'enquêtes plus tard, l'affaire passe devant la chambre du conseil du tribunal à Bruxelles. Le verdict tombe : il n'y a rien à reprocher à la Brigade de la terreur ! D'un revers de la main, ce tribunal a balayé les rapports de la commission de surveillance et du CPT. « Le parquet ne voyait aucune raison de poursuivre les policiers : il n'y avait pas assez de preuves que les agents avaient outrepassé leurs fonctions. Les images des caméras de surveillance de la prison auraient aussi contredit la version des détenus », peut on lire dans la presse.2 Résultat : les neuf policiers inculpés, dont deux avaient été suspendus de leur fonction après les incidents, ont bénéficié d'un non-lieu. 
S'il fallait une nouvelle preuve que du côté de l'appareil de répression c'est l'impunité qui règne, dans un climat d’indifférence de l'opinion publique lorsqu'il s'agit de la maltraitance des détenus, en voilà une. 
 
 
 
 
Une nouvelle plainte d'un Collectif de 18 détenus ! (Connaîtra-t-elle le même sort que celle déposée en 2009  ?)

En janvier 2014, 18 détenus à la prison de Forest de 6 nationalités différentes, se sont organisés en tant que Collectif. Ils ont envoyé une lettre (publiée en-dessous) au Procureur du Roi au Palais de Justice de Bruxelles. Le Collectif m'a envoyé une copie avec la demande de la publier. Les 18 ont tous signé la lettre avec leurs noms et prénoms, date de naissance et nationalité. J'ai leur permission de publier leurs noms, mais dans cette première publication je ne mentionnerai que leur prénom et la première lettre de leur nom, par respect et par protection, et en espérant que les autorités feront le nécessaire pour répondre à leurs demandes.
Si vous voulez exprimer votre solidarité avec leur action, merci de partager cet article. 
Si vous voulez leur écrire, merci de m'envoyer votre mot de solidarité et votre adresse à vervaetluk@gmail.com et vous recevriez certainement un mot de retour de leur part.

Luk Vervaet


"De : 18 détenus, Av. De la Jonction, Prison de Forest, 1190 Forest

: Monsieur le Procureur du Roi, Palais de Justice, 1000 Bruxelles

Objet : Plainte collective avec constitution de partie civile pour malversation financière, actes de cruauté, de barbarie et de coups et blessures volontaires, abus de pouvoir des autorités dans l'exercice de la fonction publique ;

Monsieur le Procureur du Roi

Nous, messieurs Fared M., Christophe G., Sofian I, Hassane B, Kamel R, Hamid C, Salandine I, Zakaria B, Bilal E, Mehdi Z, Otman E, Mohamed E, Bouziane B, Younes E, Mahomed B, Serkan G, Marvin Q, Bruno C
Tous actuellement détenus à la prison de Forest, nous souhaiterions votre intervention en tant que Procureur du Roi concernant les conditions de détention à l'établissement pénitentiaire de Forest ;

Des conditions qui visent volontairement à la destruction de l'individu et de sa dignité, sans opter les multiples « tabassages » de détenus orchestrés par des agents pénitentiaires (ASP), (liste des auteurs en annexe).
Néanmoins la population pénale est victime de sous-alimentation, liée à des malversations financières et comptables du budget du ministère de la justice, attribué à la nourriture de détenus ;

Nous, les requérants, souhaiterions déposer une plainte collective, avec constitution de partie civile pour :
- malversation financières actes de cruautés
- acte de barbarie
- coups et blessures volontaires
- abus de pouvoir des autorités dans l'exercice de la fonction publique

et ce auprès d'une juridiction pénale afin que cesse cette négation des lois belges et européennes ;

Les faits nr 1 :
détournement et malversation financière du budget alimentaire du ministère de la justice, attribué à la population pénale ;

Entre 5000 et 25000 euros sont volontairement détournés afin de combler le déficit budgétaire annuel du mess (restaurant du personnel pénitentiaire) ;
ce qui greffe irrémédiablement :

une alimentation non-conforme aux règles d'hygiène et d'équilibre alimentaire :
a. composition des repas à même le sol
b. distribution répétitive de viande de cheval
c. produits non variés (nous disposons des emballages et dates de distribution)
d. pain, riz, matières premières..infectés d'excréments de souris et de rats
e. tous les soirs distribution de « potages » composés de restes alimentaires
f. café du matin volontairement froid
g. la cuisine est infectée de cafards, de rats et de souris
h. détournement de nourriture par des agents en poste à la cuisine
i. avantages en nature par les fournisseurs et entreprises à l'égard du responsable cuisine

Cette gestion illégale est présente depuis de nombreuses années à la prison de Forest. Ces usages de détournements sont journaliers et enracinés dans une culture de malversation. Le responsable des cuisines en est l'auteur, sans l'aval ni la connaissance du chef de l'établissement ni du directeur ;
L'hygiène est profondément déplorable et la sécurité alimentaire totalement négligée, obsolète.
Tous les détenus ont des difficultés intestinales, diarrhées constantes, vomissement etc.

Les faits nr 2 :
Actes de violence répétés, provocations, insultes, abus de pouvoir des autorités dans l'exercice d'une fonction publique.

La surpopulation pénale ne peut pas justifier les violences, voir les « tabassages » que subissent les détenus ;
un grand nombre de détenus ont été ou sont victimes de violences orchestrées par une même équipe d'agents pénitentiaires qui effectuent leur « service » de l'après-midi ; leurs victimes sont souvent des jeunes au statut précaire et généralement étranger. Certains ne maîtrisent d'ailleurs pas le Français. Nous disposons de quantités de témoignages, certificats médicaux qui confirment cela ;
d 'ailleurs la commission de surveillance, le CPT, l'OIP et les divers intervenants extérieurs disposent de témoignages conséquents ;
nous précisons qu'au « Bain entrant » de l'après-midi, il est fréquent que ces mêmes agents « tabassent » les détenus ;
le 8 mars 2013 à 20.30h monsieur Fared M ayant refusé « la fouille à corps intégrale » et devoir montrer son « fondement » à l'aide de flexions-penchées, celui-ci étant grand père, a été frappé, menotté et trainé nu jusqu'au cachot et écoppé de 9 jours de cachots (plainte déposée auprès du procureur du roi nr du dossier BR 4399001811/2013) ;
En mars 2013, monsieur Bruno P a subi les mêmes violences, effectuées par les mêmes auteurs, les mêmes agents (ASP) (plante déposée auprès du procureur du Roi)
La liste des victimes est longue, ces agents de justice en poste l'après-midi disposent du soutien d'un responsable ;
les auteurs sont messieurs V.C (ASP), A.J. (ASP) et L.G.(ASP)
Nous souhaitons déposer une plainte collective pour coups et blessures volontaires, actes de torture, de barbarie, abus de pouvoir des autorités dans l'exercice de la fonction publique ;

Monsieur le procureur du Roi, nous souhaiterions votre intervention pour que cessent ces pratiques indignes et punissables.

Nous subissons déjà le trio en cellule, les épidémies de galle, de tuberculose, ne sous-alimentation permanente, une prison vétuste sans toilettes, sans points d'eau, des provocations et des insultes constantes, des conditions de détention dénuée de toute dignité humaine ;
et les tabassages sont un supplément de la vie carcérale. Seule une réponse pénale serait la réponse adéquate aux violences que nous subissons en permanence à la prison de Forest ;
notamment un contrôle sur les malversations financières du budget du ministère de la justice attribuée à la nourriture de la population pénale
Monsieur le procureur du Roi, nous souhaiterions que vous prenez acte du dépôt de notre plainte, qui ne serait que légitime.
Merci de pouvoir entendre ce petit collectif de 18 personnes, détenus à la prison de Forest, dans des conditions de détention qui vont à l'encontre de toutes les dispositions et plus précisément du respect de la condition humaine ; que justice se fasse.
Dans l'attente, Monsieur le procureur du Roi, nous rendrons publique cette plainte collective auprès des divers pouvoirs et autorités judiciaires compétentes ainsi que politiques,
nous vous prions d’agréer nos salutations les plus respectueuses,

Le Collectif
(Au verso les noms, dates de naissance et nationalité des requérants)

mardi 25 février 2014

POSTERWORKSHOP Ateliers urbains / Werkplaats stad : Atelier Prison Haren

Pour voir les posters et les objectifs de l'atelier, cliquez ici : SOURCE

Bref historique
Bruxelles: Le déménagement des prisons de St-Gilles et Forest est annoncé pour 2016. De nouveaux bâtiments doivent être construits sur le territoire de la RBC. Ils ne pallieraient pas à la surpopulation, mais se contenteraient de reloger le nombre de détenus incarcérés actuellement à St-Gilles et Forest, où le déménagement pose la question du devenir des 10 ha du site actuel.
La nouvelle prison (la plus grande de Belgique) prendrait place à Haren, à la fois sur le Dobbelenberg (dernière zone verte de détente du village) et sur des terrains en partie privés (ancienne usine Wanson) désormais rachetés ou expropriés. Total :  18 ha (8 bâtiments envisagés).
Le projet est présenté comme exemplaire et innovant. Il prévoit la construction de : 1 maison d’arrêt, 1 maison de peine, 1 annexe psy, 1 centre de détention limitée, 1 centre de jeunes mineurs, 1 bâtiment d’accueil, 1 complexe tribunal, 1 complexe de visite, 1 salle de sport, 1 centre de consultation médicale, 1 complexe administratif (hors prison), 1 centre logistique (cuisine, buanderie, ateliers de travail) + 300 places de parking pour les travailleurs et 150 places pour les visiteurs. Hors périmètre de sécurité : 1 centre ouvert pour femmes de 60 places pour des personnes en fin de peine, 1 magasin, 1 centre de repassage ouvert. Des salles d’audience seraient construites à proximité. Un consortium privé prendrait en charge l’entretien et certains services internes pendant 25 ans, avant de revendre à l’Etat (choix du consortium ce mois-ci).


Haren, à la limite de Diegem et Machelen (sur la frontière linguistique), est un village annexé par Bruxelles-Ville où petit à petit ont été reléguées des fonctions ingrates de la ville : la percée du canal, l’arrivée de plusieurs lignes de chemin de fer, puis la construction du ring ont participé à l’enclavement du village. L’implantation de différentes industries mais aussi une première base aéronautique, un pôle de haute technologie, l’OTAN (qui a une certaine époque comptabilisait plus d’employés que la population de Haren) ont largement contribué à défigurer le paysage. En 1969 la zone est déclarée inhabitable et suite à cela les investissements liés aux logements et à l’habitat sont stoppés. Par contre, d’autres projets ont continué à dévorer les parcelles encore disponibles : le dépôt de la STIB, plusieurs zonings industriels, le Diabolo en cours de réalisation, une future gare RER… Le tout généreusement survolé par les avions compte tenu de la proximité de l’aéroport.
Les habitants de Haren considèrent leur village comme une "poubelle de Bruxelles" et voient leur sentiment confirmé par ce nouveau projet. La zone est en train de s’urbaniser à grande vitesse. Enclavée, elle connaît un manque de services et des problèmes de mobilité. L’arrivée de 1190 détenus (pourquoi ce chiffre ?) et de 900 travailleurs est à mettre en relation avec les 4000 habitants actuels. Haren, qui actuellement ne compte pas assez d’habitants pour prétendre à avoir une borne Villo ou Mobib, est promis à une densification importante. La Ville souhaite tripler le nombre d’habitants (de 4000 à 12000).

dimanche 9 février 2014

Grande-Bretagne : Suicide à la Prison de Manchester


HMP Manchester - Grande-Bretagne

Suicides en détention. Il faudrait se préoccuper de tous les prisonniers,
déclare un ex-détenu...

Voici le témoignage d'un ancien détenu de la prison HMP Manchester (High Security Male Prison), paru dans The Guardian (07/02/14) : Deaths in custody review should look at all prisoners

Quand j'étais incarcéré, j'ai été témoin combien le désespoir conduit au suicide de détenus de tout âge, et pas seulement des jeunes...

« J'ai entendu un choc dans la cellule de Michael. Avant qu'ils viennent ouvrir, ça a pris une vingtaine de minutes.

Le gouvernement britannique a annoncé qu'il mettrait en place une commission d'enquête indépendante sur le décès des jeunes de 18 à 24 ans en détention. Je veux leur dire quelques petites choses sur les morts en détention, sur les décès des jeunes et des moins jeunes aussi.

Il y a deux semaines, je suis sorti de prison Manchester, après avoir purgé une peine de 10 mois pour vol de voiture. J'ai été détenu dans une aile réservée, une unité de désintoxication. Je n'ai pas de problème de désintoxication. On m'avait mis là parce que la prison était surpeuplée.

Je me suis lié d'amitié avec un gars, un type de 32 ans, un sans-abri. Il s'appelait Michael Delaney. Je l'avais vu mendier dans le centre-ville à quelques reprises, et je lui glissais quelque tune de temps en temps. Michael était sourd et muet. Il était en prison pour avoir contrevenu à une obligation lui interdisant d'entrer dans le centre-ville. Pourtant, c'était là qu'il avait toujours vécu.

Un vendredi de juin de l'année dernière, Michael a été placé dans une cellule juste à côté de la mienne. Il 22 heures passées. J'ai entendu un gros choc. Avant qu'ils viennent ouvrir ça a pris une vingtaine de minutes. J'ai entendu des appels, les gardes, et puis le verrou qu'on ouvrait. 

« Allez chercher le kit... » 
Je savais qu'ils voulaient parler du 'kit de première urgence', celui pour les suicidés. A présent, toute l'aile était réveillée et tous les taulards ont commencé à taper, à faire du bruit. Puis j'ai entendu un officier dire: « Il est trop tard, il est mort... »

Le lendemain, nous avons appris officiellement que Michael était décédé. J'ai été dégoûté d'entendre le personnel parler de sa mort. C'était comme s'ils avaient trouvé une souris dans une trappe de service. Parce que Michael était sans-abri et n'avait pas de famille, personne ne semblait s'en faire.

Le compagnon de cellule de Michael, Lee, m'a dit ce qui s'était passé. Il s'était endormi après l'extinction des feux. Vers 22 heures 15, il s'est réveillé et a vu Michael pendu à la barre supérieure de leur couchette double. Lee a appuyé sur la sonnette d'alarme et a essayé de soulever le corps de Michael, mais il m'a dit qu'il savait que déjà il était mort.

Manchester est une prison de catégorie A, les portes restent fermées pendant la nuit. Pour ouvrir, il faut qu'un maître-chien arrive. La porte de la cellule de Michael n'a pas été ouverte immédiatement.


Lee a remarqué qu'il était tombé un petit morceau de cannabis sur le sol. Il a pensé que Michael avait dû tirer un dernier pétard. Lee l'a remis aux surveillants, en disant que Michael l'avait laissé tomber. Lee a été laissé seul dans la cellule où Michael était mort. Le lendemain, il a été accusé et mis en examen pour possession de drogue.

J'ai travaillé dans cette prison : j'étais peintre, dans l'aile que j'occupais. Une semaine après la mort de Michael, ils m'ont demandé de passer un bon coup de blanc dans la cellule, en me disant que ça sera plus gai pour le suivant.

Selon une enquête, neuf hommes ont perdu la vie par suicide à la prison Manchester depuis 2010. Cela ne me surprends pas.

Même si je suis heureux que le gouvernement s'occupe des décès en détention des 18-24 ans, qu'en est-il des enfants de moins de 18, des vrais enfants ? Quand j'avais 16 ans, à la fin des années 80, j'ai fait 18 mois à Hindley, dans une institution carcérale pour mineurs. Je me souviens particulièrement d'un jeune garçon de Wigan qui s'est tué. Il devaut avoir 15 ans.


Je l'avais entendu dire que d'autres gars se moquaient de lui, je l'avais entendu pleurer dans sa cellule en arrivant. Sa nouvelle paire de baskets lui avait été 'taxée', comme on dit : il avait été assommé et ils lui avaient prise. C'était un endroit violent. Le personnel savait ce qui se passait, mais il fermait les yeux. Les gars les plus durs semblait toujours obtenir les bons jobs. Pendant que j'étais là, trois garçons se sont pendus.

Des Suicides se produisent encore dans des institutions comme Hindley. Il me semble que rien n'a vraiment changé. Mais le gouvernement ne cherche pas  à savoir plus loin. Différents organismes vont et viennent tout le temps, juste pour passer un coup de langue. Ils demandent aux gars s'ils sont susceptibles de s'automutiler. Presque tout le monde dit non. Aux yeux du système, nous sommes tous les mêmes, des perdants et les branches mortes.»
Marlon Hamer, ancien détenu de HMP Manchester - traduction Bruno des Baumettes

Source : The Guardian (07/02/14)
Lire aussi : PressTV (22/02/12) : Manchester prison suicide rate slammed
Mirror (09/05/11) : Inside Strangeways: Brutal reality of life inside notorious jail

SOURCE Bruno des Baumettes